C’est en fréquentant régulièrement la salle de sport que Gayelle s’est aperçue qu’il manquait, au Québec, de vêtements athlétiques élégants à prix abordable. En apercevant les femmes au gym avec leurs petits ensembles tendance aux couleurs accordées, elle a eu le déclic : elle allait créer sa propre marque de vêtements de sport imaginés ici, par et pour les femmes. Voici le parcours inspirant d’une jeune entrepreneure, symbole de réussite au féminin, qui carbure aux projets et qui aime semer le bien autour d’elle.
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Une passion naissante pour l’entreprenariat
Dans le cadre de ses études universitaires en administration des affaires, concentration en ressources humaines, Gayelle a eu l’opportunité de vivre une première expérience entreprenariale en gérant la franchise d’une entreprise de lavage de vitres pour un an. Pour Gayelle, qui s’est investie ardemment dans le processus, ce fut le début d’une histoire d’amour avec l’entrepreneuriat.
Bien que le domaine ne la faisait pas vibrer, elle s’est découvert un intérêt marqué pour le développement des affaires. « Je me suis dit, je veux tellement faire quelque chose par rapport à l’entrepreneuriat, mais je veux trouver quelque chose qui me passionne ».
Travaillant comme conseillère en finances personnelles après le baccalauréat, Gayelle fut rapidement confrontée aux contraintes du milieu corporatif. Pour gravir les échelons de l’entreprise, elle se devait d’accepter un poste qui ne lui plaisait pas et, malgré sa haute productivité et son dévouement soutenu pour sa clientèle, elle se heurtait à un plafond dans l’attribution des bonis. C’est là qu’une réflexion s’est installée : et si elle travaillait à son compte, qu’elle menait à bien son propre projet?
En voyage en Italie avec son conjoint, elle a pris sa décision : elle se lancerait en affaires. Un saut à la fois ambitieux et terrifiant, mais qu’elle a pu faire en comptant sur le support indéfectible de son partenaire.
Changer la mode sportive au Québec
Le choix du produit à commercialiser est venu on ne peut plus naturellement pour Gayelle. « Mon subconscient était déjà prêt. Quand j’étais petite, je jouais à la vendeuse et je faisais des cartes membres à ma famille ». Elle était déjà portée par une envie de créer une forme de membrariat dans l’entrepreneuriat.
Adepte du gym, elle remarquait les jolis habits portés par les filles qui fréquentaient la salle de sport et s’interrogeait souvent sur leur provenance. Les marques les plus portées s’avéraient dispendieuses. Où pourrait-elle se dénicher au Québec des tenues de sport à prix doux et aux styles actuels ? La mode d’ici présentait des lacunes dans ce département.
Je trouvais qu’il y avait un manque de vêtements avec style de chez nous.
Gayelle était également à la recherche de tenues qui lui procureraient un sentiment de force et de puissance, dans lesquelles elle se sentirait confortable et belle.
À un moment donné, je n’avais pas vraiment confiance en moi dans les vêtements, on dirait que je ne trouvais pas de vêtements de sport qui me faisaient sentir « powerful » en allant au gym. […] Rien ne me faisait sentir comme ça. […] Je me suis dit : « je vais le faire ».
C’est ainsi qu’est né Alowa, entreprise de vêtements de sport pour femmes qui combine inclusivité et élégance à bon prix. Gayelle admet avoir renoncé à un certain montant, dans le but d’accomplir sa mission d’offrir des vêtements de qualité qui conviennent à toutes les femmes et demeurent accessibles.

Une entreprise ancrée dans la communauté
Gayelle le rappelle ; une des priorités d’Alowa est d’instaurer chez sa clientèle un sentiment de communauté. « Tu rentres chez Alowa, tu entres dans une communauté. […] Je veux que les gens se sentent comme s’ils entrent dans un club, et qu’ils trouvent leur place chez nous. »
Gayelle a ainsi su bâtir, depuis le lancement de sa marque, une communauté accessible, accueillante, animée par la bienveillance et la solidarité.
Alowa, pour moi, c’est de permettre à tout le monde de se sentir bien.
Gayelle est fière de mettre en valeur sur son site web des mannequins de tous les âges, tailles et ethnicités. « Ma mission c’est de faire sentir la femme belle, bien et acceptée ». L’inclusivité est d’ailleurs au cœur de la mission d’Alowa : « Alowa, ce n’est pas niché, ce n’est pas pour un certain type de femme », précise Gayelle.
Gayelle se réjouit d’ailleurs de pouvoir offrir chez Alowa des tailles allant jusqu’à 3XL, une rareté pour la mode athlétique au Québec. Ce choix s’aligne avec l’objectif de l’entreprise de produire des vêtements élégants qui célèbrent et honorent la diversité du corps des femmes et leur procurent un sentiment de puissance, peu importe leur silhouette.
Gayelle fait aussi montre d’ouverture auprès de cette communauté qui s’est développée avec le temps, et valorise grandement toute rétroaction et suggestion de produit. Dès les premiers balbutiements de son projet, Gayelle a choisi d’impliquer la communauté dans le processus de création et de sélection des produits. Elle a élaboré ses produits en puisant son inspiration dans les commentaires de la communauté, dans ce qu’elle souhaitait porter et dans ce qui, selon elle, manquait à la mode québécoise. « J’ai réussi à bâtir ce que j’ai en ce moment grâce à l’écoute, avec le feedback de la communauté », soutient Gayelle.
Miser sur la durabilité
Afin de maximiser la durabilité des produits Alowa, Gayelle mise sur la qualité du tissu et des coutures résistantes. Dans cette optique, elle a concocté son propre tissu dans le legging modèle Milo, un favori de la clientèle qui a requis temps et perfectionnisme.
Elle porte une attention particulière à la production afin d’éviter la surproduction et le gaspillage. Les collections sortent en éditions limitées avec des quantités finement étudiées au préalable. « J’ai pas envie de produire pour produire, j’ai pas envie d’être une fast-fashion », explique Gayelle, qui souhaite que ses clientes puissent chérir leurs vêtements pendant longtemps.
Aider son prochain, la seconde vocation d’Alowa
Pour Gayelle, il est aussi primordial de valoriser le partage et l’altruisme au sein de la communauté qu’elle a créée et de multiplier les façons de faire une différence positive dans la société. Elle a rapidement vu l’opportunité d’user de la notoriété de sa plateforme au profit d’initiatives qui lui tiennent à cœur.
Investir de son temps et de son énergie dans différentes causes sociales est une source de bonheur et d’épanouissement pour Gayelle. Ça l’allume. « Je trouve qu’il n’y a pas assez de gens qui font de belles choses dans la vie. D’avoir la capacité de le faire, ça me rend heureuse. Je veux faire une différence »
Alowa est partenaire avec Héma Québec, le Chaînon, ainsi que la Fondation Véro & Louis. L’entreprise remet aussi ponctuellement des montants à la Fondation de cancer du sein du Québec. Au-delà d’un apport financier ou en vêtements, Gayelle et ses collègues se font un devoir d’effectuer annuellement de nombreuses heures de bénévolat.
Gayelle s’estime privilégiée de pouvoir compter sur la participation dans ces projets d’une équipe soudée qui partage des valeurs humaines communes.
Mon équipe est incroyablement belle. J’ai vraiment trouvé mon monde.
Selon Gayelle, constater les efforts déployés par l’équipe d’Alowa pour redonner de maintes façons rend les clientes fières de soutenir l’entreprise. « De savoir que tu fais partie d’une communauté qui redonne, ça donne un sentiment d’appartenance encore plus fort. »
Un succès retentissant malgré les défis
Une chose est sûre : malgré les nombreux messages diffusés pour faire connaître la marque, Gayelle ne s’attendait pas à ce que l’entreprise connaisse un tel succès dès ses débuts. Comme le service d’expédition n’était pas encore opérationnel le premier jour, elle et son mari ont conduit pendant plus de dix heures pour livrer les colis à ceux qui, dès le départ, avaient choisi de soutenir le projet.
Gayelle se considère choyée par cette importante vague d’amour envers son entreprise. Elle croyait toutefois dès le début au succès imminent de son projet. « Je suis over-ambitieuse. Il faut être positif ! », rappelle-elle.
Malgré les doutes qui surgissent à l’occasion, Gayelle fonce avec optimisme et confiance. « Des fois, ça peut faire peur, mais je sais que je vais y arriver. » Lorsqu’en 2024, Alowa a connu une année difficile, synonyme de ralentissement et d’instabilité, Gayelle n’a pas hésité à investir pour entretenir la vitalité d’Alowa. Portée par la vision de son projet, elle savait que les sacrifices porteraient leurs fruits. « Là je suis contente parce que ça reprend, il ne faut juste pas se laisser atteindre. J’y croyais tellement, même si j’étais entourée de certaines personnes qui n’y croyaient pas. ». Gayelle rappelle également que c’est la passion qui permet de garder une jeune entreprise en vie lorsque des défis se présentent.
Envisager la suite avec enthousiasme
Alowa entreprend désormais un nouveau virage, avec la récente ouverture d’une nouvelle boutique à Laval. Après avoir d’abord eu pignon sur rue à Boisbriand, l’entreprise est propriétaire de son propre local à Laval, un pas pour le moins ambitieux et qui présente son lot de risques, mais qui répond au rythme d’expansion de la marque. « Ça va nous permettre de supporter la croissance d’Alowa », explique Gayelle, qui souhaite exploiter l’espace pour faciliter la gestion d’inventaire et planifier à l’avance les prochaines collections.
À ceux qui envisagent de se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat, Gayelle rappelle qu’il faut le faire avec cœur : « Dans les périodes plus dures, c’est ta passion qui va te faire surmonter ça. Si ce n’était pas une entreprise qui me passionnait et si je faisais ça seulement pour l’argent, j’en serais pas là aujourd’hui, je pense. »


